Plongée en apnée dans l’ADN du rock’n roll

Concert-performance de Rhys Chatham – Palais de Tokyo – mercredi 14 novembre 2012

INTERVIEW – Une légende discrète s’est produite au Palais de Tokyo lors d’un concert surprise. Le compositeur Rhys Chatham, figure de l’avant-garde et du post-minimalisme new yorkais, opère depuis trente ans des révolutions sonores qui ont influencées nombre de courants rock dont la noise. Toujours juvénile à 60 ans passés, l’homme au borsalino conduit des performances artistiques hors-normes, souvent qualifiées d’hypnotiques. Rencontre avec Fabien Tharaud, batteur de « l’orchestre de guitares électriques » du maestro.

Concert performancede Rhys Chatam au Palais de Tokyo, Paris, le 14 novembre 2012. Le maestro en dialogue avec son batteur.

Concert performance de Rhys Chatham au Palais de Tokyo à Paris, le 14 novembre 2012. Le maestro en plein dialogue avec son batteur.

Parlez- nous du style et du répertoire que vous avez choisi…
La première pièce, Harmonie de nuit, est jouée pour la première fois ce soir au Palais de Tokyo. D’ailleurs, c’est la première fois qu’elle était jouée en entier par l‘ensemble des musiciens, car hier, elle n’était pas encore finie ! Ensuite nous avons interprété Guitar Trio que Rhys a créé en 1977 pour trois guitares et qui évolue depuis puisqu’elle a été jouée parfois par 400 guitaristes à la fois…Rhys est un héritier de la musique savante, il a été claveciniste du Philarmonique de New York, il a même été l’accordeur de Glenn Gould ! Mais on ressent surtout l’influence du punk et de la musique électro.

Hier encore vous étiez en pleine création mais en fait, les musiciens se rencontraient pour la première fois ?
En effet car Rhys travaille comme un chef d’orchestre classique, il fait appel aux artistes locaux pour ses concerts mais il associe étroitement les musiciens à la création des œuvres. Tout est écrit sur partition et malgré leur apparente simplicité, les parties de guitare sont complexes. Ce soir nous sommes huit dont six guitaristes et un bassiste. Pour la batterie, Rhys me donne des indications plutôt que des directions de jeu. Pendant les trois jours de répétition et de création, il m’a fait écouter des séquences qui lui plaisait en me disant « J’aimerais bien une ambiance comme ça ». J’ai une très grande liberté, c’est vraiment une expérience unique.

La performance sonore est surprenante. Comment définissez-vous ces œuvres ?
On a la chance de jouer sous la coupole du Palais, c’est un endroit superbe avec une belle acoustique, les œuvres prennent toute leur ampleur. Les motifs et les harmonies se répètent en boucle et créent quelque chose d’hypnotique, de nouveaux sons apparaissent, tout ça autour d’une seule note, le mi ! C’est comme aller puiser à la source du rock…


Extrait du concert de Rhys Chatam donné le 14 novembre 2012 au Palais de Tokyo.
Vidéo C. Claude


Guitar Trio (G3), Brooklyn, date inconnue. DR

Propos recueillis pas Carine CLAUDE

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