Chronique CD : Bish Bosch – Scott Walker

Une seule certitude s’impose avec Scott Walker : il dérange. D’abord, qui est-il ? Un crooner vieillissant qui porte en lui le gène récessif de Kurt Weil et un ou deux chromosomes d’Ozzy ? Un ovni génial en orbite autour de la terre depuis quatre décennies? Dans les années soixante, ses guimauves surannées servaient sa voix unique sur fond de nappe fleurie (très fleurie, la nappe. Un vrai bulgomme) d’orchestration de cordes. Quarante ans plus tard, l’album Bish Bosch bascule dans une exploration industrielle façon Opéra de 4’sous court-circuité au LSD. De quoi faire pâlir les Neubauten. Le mal à l’aise persiste.

Car l’album est puissant, magnétique, agaçant. Mais difficile d’accès. Derrière d’apparentes évidences craquelées par les fêlures d’une voix implacablement mise en place, une mécanique complexe est à l’œuvre. La voix de Scott Walker, c’est son fil d’Ariane, sans elle, point de salut. Encore une fausse piste car elle crée des chausse-trappes aussi, la normalité s’y perd. Alors forcément, on repense au titre de l’album, au discours véhiculé par le site internet de l’artiste au sujet des œuvres délirantes de Jérome Bosch, Au Jardin des délices et ses tourments.

Soulagé, l’auditeur croit retrouver sa route avec cette cartographie de l’enfer. Sans forcément penser que bish bosch signifie surtout que la job a été fait, bien fait. Et si c’était ça la signature de Scott Walker ?

Bish Bosh – Scott Walker – sortie le 3 décembre 2012 – Label 4AD

Carine CLAUDE

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