Les nouvelles écritures à l’honneur au FIPA 2013

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INTERVIEW. Le Festival international des programmes audiovisuels (FIPA) s’impose depuis 1987 comme le grand marché des créations télévisuelles. Pour sa 26e édition — qui se déroulera du 22 au 27 janvier 2013 à Biarritz — le FIPA accorde une place centrale à la question du transmedia avec le lancement du SmartFip@. Florence Girot, collaboratrice de François Sauvagnarges, délégué général du FIPA, apporte son éclairage sur cette nouvelle expérience 2.0

Carine Claude (CC) : La création du Smart Fip@ semble refléter les préoccupations des acteurs de l’audiovisuel quant à la compréhension (pas toujours aisée) des mécanismes de production et de financement des contenus transmedia. Que vont leur apporter ces ateliers ?

Florence Girot (FG) : Les deux jours du Smart Fip@ visent à faire découvrir et mieux comprendre ce qu’est la télévision connectée et ce qu’elle va impliquer, tant pour les spectateurs que pour les professionnels, c’est à dire les producteurs, auteurs, réalisateurs ou diffuseurs, en termes de création, d’écriture, de conception transmédia et ce que recouvre [cette] notion (…). Car dans le domaine du transmédia, c’est encore le Far West! Tout est à découvrir et à expérimenter, et c’est précisément cela qui est passionnant et enthousiasmant. Pour résumer, c’est pour cela qu’on a souhaité faire le Smart Fip@ : pour aider les professionnels, mais aussi le public, à y voir plus clair, et les accompagner dans la découverte d’un nouveau monde qui n’est pas si gadget que certains pourraient le penser.

>;>; En savoir plus sur le Sip@ : « Autour du transmedia »

CC : Selon vous, quels projets ont marqué l’évolution du transmedia ?

FG : Dernièrement, The Spiral, qui est la première série transmédia en coproduction européenne, en anglais (mais pas anglaise) et multi-dimensionnelle (Internet, smartphone, tablette mais aussi ARG). Mais dès 2004 la série Lost tentait le transmédia en mêlant fiction et réalité avec la création du site internet de la compagnie d’aviation Oceanic Airlines, la possibilité d’y voir la liste des passagers après le crash, etc. Ils ont également su exploiter le transmédia pour maintenir en haleine les fans entre les saisons. A bien des égards Lost fut une série très novatrice.
En France, l’expérience transmédia récemment menée par France Télévisions autour de Plus belle la vie est aussi intéressante: ils ont indirectement incité les téléspectateurs à interagir à partir de l’apparition de caméras de surveillance dans le quartier narrée dans l’un des épisodes. L’expérience a remarquablement bien fonctionné. C’est intéressant de constater qu’un dispositif transmédia peut fonctionner sur n’importe quel type de programmes — pourquoi ne le pourrait-il pas d’ailleurs ? Je veux dire par là qu’il y a un monde entre Plus Belle La Vie et The Spiral

CC : Pour être innovante, une production audiovisuelle doit elle nécessairement passer par le transmedia ?

FG : Non ! le transmédia relève certes de l’innovation technologique, mais sa création ne l’est pas tant que ça puisqu’elle fait souvent appel à des procédés narratifs qui existent depuis longtemps tels les livres dont vous êtes le héros ! Par ailleurs, des films qui n’ont aucun dispositif transmédia peuvent être révolutionnaires, comme par exemple le documentaire Armadillo.

CC : Un modèle économique spécifique pour les œuvres transmedia doit-t’il s’imposer ?

FG : On le cherche ce fameux modèle économique, et pour tout le web ! Mais je pense que la narration transmédia peut aider à trouver des débuts de solutions économiques. En cela il faudra suivre de prêt le retour sur expérience d’Alt-Minds pour savoir si leur pay per view/play/follow, a fonctionné.

CC : Quel est l’impact de la dimension immersive et participative des fictions transmedia sur l’audience ? Le spectateur de demain sera-t-il forcément un spectateur-joueur ou un spectateur-acteur ?

FG : Cette dimension immersive et/ou participative doit rester un choix. Le maître mot — s’il en est un !— est et reste de laisser le spectateur libre de ses comportements. Je reprends l’exemple de Plus Belle La Vie : certains spectateurs se sont précipités sur internet pour voir si le blog dont parlait la série existait, d’autres n’ont pas modifié leur comportement et ont continué de ne regarder que le premier écran, la TV, et la dimension transmédia ne perturbait en rien la compréhension de la série pour les spectateurs non connectés, elle a seulement constitué une valeur ajoutée. Je pense qu’on va plus ou moins rester sur ce mode, même si, bien sûr, un peu à l’instar de la 3D, certains vont vouloir mettre du transmédia partout. Je m’égare un peu dans ma réponse… mais je pense néanmoins que la dimension participative apportée par le transmédia peut, à terme, booster les audiences. La pub y croit, en s’engouffrant dans le transmédia. Lors d’une conférence, un intervenant soulignait à juste titre: « Tell me and I will forget. Show me and I may remember. Involve me and I will understand ». Tout est dit !

CC : En quoi l’intégration d’une dimension transmedia peut favoriser l’exportation des fictions françaises ?

FG : Le transmédia ne fait pas tout ! Pour exporter, il faut d’abord faire de bonnes fictions avec un solide scénario, des personnages complexes, une mise en scène digne de ce nom… le transmédia sera un bonus, mais ne fera pas de miracle si on reste à notre niveau de production actuel. Quoique, cela bouge un peu du côté des séries, mais au compte goutte !

Carine Claude  

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