Un artiste, une œuvre : entretien avec Hélène Delprat

Paris, le 28 mars 2013, pour Art Media Agency (AMA).

Inspirée par la littérature, le cinéma ou encore la radio, l’artiste Hélène Delprat explore une multitude de médiums — dessins, peintures, photographies… — auxquelles se mêlent archives ou encore vidéos. À l’occasion d’Art Paris Art Fair, la galerie Christophe Gaillard, qui représente l’artiste à Paris, propose une sélection exigeante de ses œuvres  Parmi elles se démarque une composition récente intitulée Le jour où j’ai inventé les Femmes Savantes, mosaïque de tirages numériques jouant sur la multiplication de motifs mettant en scène scans de livres et de paumes de mains. Rencontre avec l’artiste qui nous dévoile son intention artistique à travers cette création.

Dans votre œuvre Le jour où j’ai rencontré les Femmes Savantes apparaît une multitude de livres, leur couverture ou leur contenu plaqués sur une vitre. Que signifient ces ouvrages pour vous ?
J’aime brouiller les pistes, jouer avec le vrai et le faux, car cette œuvre est tout sauf un échantillonnage de mes savoirs ! Bien sûr, j’ai aimé ces ouvrages et leurs auteurs, d’univers complètement différents. Aussi bien les Grotesques de Philippe Morel que Pline l’Ancien ou la Belle et la Bête ! Ils ont du sens pour moi. Mais ce n’est pas ça qui est au centre de cette création. C’est une manière de dénoncer qu’il y a toujours un risque d’étalage de la connaissance. D’ailleurs, il n’y a rien de plus horripilant que l’auteur qui pose devant ses livres ! Je préfère pratiquer l’autodérision. Au fond, tout a une raison d’être. Et au centre de tout et de mon travail aussi, il y a la transmission.

Vous aimez donc jouer avec les apparences, la véracité ou la vraisemblance ?
Par exemple, récemment, un photographe avec qui j’ai déjà travaillé avait envisagé de faire mon portrait. Mais pour moi, quelque part,  il y a une tromperie a poser devant sa propre peinture. Je préfère le faire moi même et créer un vrai faux en quelque sorte…

Quelle est la signification des ces paumes de main qui encadrent les ouvrages ?
J’ai une petite obsession… En fait, je traque les traces de mains qui ont été numérisées par inadvertance lorsque l’on scanne des livres, en bibliothèque ou ailleurs… Un jour ma main a été prise au piège lors d’une numérisation, cela m’a intrigué et je suis parti dans cette quête. En fait, je consulte énormément Internet à la recherche de livres numérisés, de textes ou d’images. Je suis très intéressée par le travail de documentation et d’archivage.
Derrière ces mains, il y a l’idée que l’être humain est toujours là, preuve que tout n’est pas automatique ou entièrement dématérialisé. Et les paumes de main que l’on voit dans cette œuvre sont les miennes.

Le numérique, les nouvelles technologies ou Internet semblent vous fasciner…
Je passe énormément de temps sur Internet et c’est vrai que les technologies me passionnent. Mais comme outils, pas comme supercherie. Je ne suis pas pour le traficotage des images. Par contre, je n’hésite pas à les utiliser tant qu’elles sont au service de que l’on veut raconter. Quelque part, sur Internet, j’attends de tomber sur l’image ultime qui sera une révélation…

Vous travaillez des médiums très différents. Avez-vous une prédilection pour l’un d’entre eux ?
Je pense que malgré tout le travail s’ancre, sans jeu de mots, dans le dessin et la peinture. Ils constituent une sorte de base et après je bâtis toutes les configurations possibles. Par exemple, je crée des dessins radiophoniques. La peinture, pour sa part, nécessite du temps.

Sur quoi avez-vous travaillé récemment ?
Mon exposition solo s’est terminée récemment à la galerie Christophe Gaillard et je participe à l’exposition collective à la Maison Rouge qui s’appelle « Sous influence ». Un autre projet me tient à cœur actuellement. Ce sont des ateliers radiophoniques sur France Culture que je fais avec Edith Scob, héroïne de Holy Motors de Léos Carax. L’idée c’est de faire de la captation de son, que l’on peut tester grâce à l’équipe et aux moyens techniques de la radio. Puis la réalisatrice donne le OK. On peut aussi passer en studio et devrait faire le montage en mai. Mais il n’est pas prévu que ce soient des entretiens avec Édith, même si cela serait passionnant. Vous voyez, c’est vrai j’adore la radio…

http://delprat.wordpress.com/

Carine CLAUDE pour Art Media Agency

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