Rencontre avec la galerie Trinity Contemporary

Paris, le 30 mars 2013, Art Media Agency (AMA).

Art Paris Art Fair ouvre également ses espaces à quelques beaux représentants du dessin contemporain. Au sein de la section Promesse dédiée à la création émergente, une jeune galerie londonienne se démarque par l’exigence de sa sélection d’œuvres graphiques. Créée en 2008, Trinity Contemporary (stand A11) est présente pour la première fois sur une foire internationale d’art contemporain. Art Media Agency est allé à sa rencontre pour recueillir les premières impressions de la galeriste et découvrir les artistes exposés. Échanges avec Luce Garrigues, codirectrice de la galerie.

Art Media Agency (AMA) : Vous exposez pour la première fois dans une foire internationale. Pourquoi avoir choisi Art Paris Art Fair ?

Luce Garrigues (LG) : C’est un grand moment pour nous, rempli d’émotion. En réalité, c’est Guillaume (NDLR Guillaume Piens, commissaire général) qui nous a découverts et qui nous a convaincus de venir. Il a vraiment eu une démarche extraordinaire, c’est un vrai passionné qui va à la découverte de la création avec une grande sincérité. Et il fallait nous trouver, car notre galerie, bien que située en plein cœur de Londres, est assez confidentielle puisque nous n’avons pas de vitrine sur rue…

AMA : Quelles ont été les premières réactions du public ?

LG : Elles ont été très positives, les visiteurs, collectionneurs et acheteurs qui se sont présentés dès l’inauguration ont été à la fois intrigués et enchantés. Ils ont pris le temps de contempler les œuvres pour rentrer dans leurs univers. Nous avons fait de très belles rencontres. Des acheteurs potentiels sont revenus plusieurs fois déjà. Le dessin intéresse de plus en plus. Ses tarifs sont situés en entrée de marché. Par exemple, dans notre galerie, l’échelle de prix varie de moins de 1.000 euros à 15.000 euros. Cela séduit de nouveaux acheteurs aussi et permet de découvrir des artistes émergents.

AMA : Justement, pouvez-nous nous parler du concept de votre galerie et des relations que vous entretenez avec les artistes que vous représentez ?

LG : En réalité, on ne représente aucun artiste, nous choisissons de travailler sur un mode de collaboration intense, mais non exclusif. C’est une démarche de confiance mutuelle. Nous nous intéressons à des artistes dont la pratique centrale est le dessin, ce qui ne veut pas dire que nous ne proposons que du dessin justement, confiné sur la seule surface de la feuille de papier. Par exemple, Frances Richardson conçoit le dessin au sens du concept du disegno de la Renaissance, qui mêle geste, concept et intention. Elle a réalisé I-beam to walk throught est, une œuvre en trois dimensions qui fait plus de deux mètres que nous exposons au centre de notre espace. Elle illustre bien sa démarche puisqu’il s’agit de traiter l’idée que l’on se fait de l’objet, pas de ce qu’est l’objet lui-même. D’une manière générale, on doit pouvoir prendre le temps d’observer avec quiétude les œuvres que nous présentons. Elles sont assez silencieuses et sont autant d’invitation au recueillement. C’est important pour nous de créer un espace d’intimité, de dialogue intérieur avec les œuvres.

Frances Richardson -  I-beam to pass through - 2013  MDF, bolts, nuts, paint  H.283cm W.162cm D.90cm - galerie Trinity Contemporary

Une autre création de Frances Richardson – I-beam to pass through – 2013
MDF, bolts, nuts, paint
H.283cm W.162cm D.90cm – galerie Trinity Contemporary

AMA : Certaines des œuvres que vous exposez évoquent la Russie…

En résonance avec la thématique russe de cette édition de Art Paris Art Fair, nous avons passé une commande spéciale à nos artistes pour réaliser une œuvre unique qui explore la Russie tant du point de vue géographique que culturel. Par exemple Layla Curtis qui a un intérêt particulier pour la cartographie et la vision du monde selon le point de vue dont on l’observe. Elle a emballé un globe terrestre de papier calque de différentes façons. La carte de Russie émerge juste avec les noms de ville écrits au Rotring, ou encore le plan de Moscou… La carte peut lui évoquer quelque chose de plus digital aussi, comme une échographie. C’est assez flagrant avec la carte russe. La carte se dessine elle-même, mais il y a un dialogue entre la carte et l’artiste qui fait naître une émotion différente à chaque œuvre. Finalement je travaille avec des explorateurs qui découvrent de nouveaux horizons et de nouveaux espaces.

Layla Curtis - Russia Index Drawing  2013  Ink on Paper  114 x 82cm - Galerie Trinity Contemporary

Layla Curtis – Russia Index Drawing
2013 Ink on Paper 114 x 82cm – Galerie Trinity Contemporary

AMA : Quelles sont les prochaines manifestations auxquelles vous allez participer ?

Nous allons participer au Salon du Dessin Contemporain Drawing Now du 11 au 14 avril. Nous sommes obligés d’être sélectifs dans nos choix, mais je pense d’ores et déjà que nous reviendrons à Art Paris Art Fair l’année prochaine.

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