Rencontre avec Sonia Pastor de la galerie SEM-Art à Monaco

Paris, le 3 avril 2013, Carine Claude pour Art Media Agency (AMA).

La galerie SEM-Art, créée en 2010, est la plus jeune galerie d’art moderne et contemporain de Monaco. Elle entreprend un travail de production, d’encouragement et de valorisation de la création contemporaine, en accompagnant des collectifs de plasticiens ou en partant à la recherche de jeunes talents. La galerie défend, entre autres, le travail du collectif French Fries qui présente son projet « Shipping Paradise » à la Cité Internationale des Arts à compter du 18 avril. Art Media Agency a souhaité en savoir plus sur la démarche de soutien aux jeunes artistes et sur la stratégie de la galerie.

AMA : Pouvez-vous nous parler du collectif French Fries ?
Sonia Pastor (SP) : Ces jeunes artistes ont non seulement beaucoup d’humour, mais aussi une réflexion très profonde et pertinente sur la société et son évolution. Nous les avons repérés à la Villa Arson de Nice, qui est une merveilleuse pépinière de talents avec laquelle nous collaborons avec un grand plaisir. La fondatrice de la galerie, Safia El-Malqui, propose de les aider personnellement dans leur démarche de production, car elle est elle-même collectionneuse et c’est sa passion de partir à la découverte des jeunes plasticiens prometteurs.

AMA : Comment s’est passée la rencontre justement ?
SP : Dès 2010, nous avons commencé à travailler avec l’artiste coréenne Eun Young Lee qui fait partie du collectif. Malgré son jeune âge, elle est déjà présente dans de très belles collections privées ! Nous soutenons totalement la démarche du collectif, car il pointe les aberrations de nos sociétés, en utilisant les ressorts de l’absurde. Ce sont des démarches nécessaires pour pousser notre propre réflexion sur le monde…

AMA : Vous vous investissez beaucoup dans l’aide à la production. Cette démarche ne peut-elle pas sembler atypique pour une galerie privée ?
SP : Nous sommes persuadées qu’une galerie, bien que privée, ne possède pas qu’un potentiel commercial. Nous nous devons aussi d’avoir une dimension sociale. Bien entendu, nous ne sommes ni maison de vente ni centre d’art, mais nous appartenons au circuit de la création et de la diffusion. Nous créons du lien supplémentaire entre collectionneurs, artistes et musées. D’ailleurs, nous avons la chance d’être en relation avec de grands collectionneurs passionnés. Sur le territoire, un grand collectionneur privé, Michel Fedoroff, a créé un centre d’art très dynamique. Il fait souvent des acquisitions et organise des installations. Notre rôle est de participer à cette dynamique de la création, car les artistes permettent à la société de se questionner et d’évoluer. C’est pourquoi il faut être très attentifs aux jeunes. Pour moi, l’art contemporain c’est comme une partie de foot. C’est le direct qui compte, pas les rediffusions….

AMA : Pouvez-vous nous parler de vos autres collaborations ?
SP : Nous travaillons avec un très grand artiste belge que nous aimons beaucoup, Wim Delvoye. Son travail est très éclectique et nous sommes partenaires d’un magnifique projet d’installation dans l’église San Cristoforo de Lucca inauguré en mars et pour lequel nous avons pris en charge la réalisation du catalogue. L’oeuvre qui est suspendue dans la nef avait été exposée sous la pyramide du Louvre. Mais le contexte sacralisé de l’église lui donne encore plus de majesté et de sens.

Installation de Wim Delvoye - En collaboration avec Sem-ART - Eglise San Cristoforo - Lucca

Installation de Wim Delvoye – En collaboration avec Sem-ART – Eglise San Cristoforo – Lucca

 

AMA : Comment construisez-vous vos programmes d’exposition ?
SP : Nous travaillons par secteur géographique principalement et nous faisons venir des curateurs pour certaines d’entre elles. Par exemple, pour l’exposition Belgian Art, qui était l’exposition inaugurale en 2011, nous avons fait appel à Griet Dupont. De très belles oeuvres de Magritte, James Ensor ou encore Wim Delvoye ont été montrées. Nous avons aussi organisé The Other Half of Iran, une exposition bouleversante consacrée à l’art iranien fait par les femmes dont le commissariat a été confié à Nina Moaddel.

AMA : Vous étiez présente sur Art Paris Art Fair. Quelle a été votre sélection ?
SP : Pour Art Paris Art Fair, j’ai présenté une sélection qui comprenait entre autres, des artistes russes pour être en adéquation avec la thématique de la foire qui avait invité la Russie. Notre galerie représente de nombreux artistes russes de toute façon. J’ai choisi le collectif AES+F ou encore le collectif Electroboutique qui réinterprètent la célèbre Tour Tatline, projet architectural utopique des années 1910 jamais réalisé.

AMA : Qu’avez-vous pensé de la foire ?
SP : C’est la première fois que nous étions sur Art Paris Art Fair. Nous voulions être présentes pour trois raisons principales. Tout d’abord, il y a l’immense travail accompli par Guillaume Piens. Ensuite Catherine Issert faisait partie du comité de sélection, ce qui est un immense gage de qualité et d’exigence. Et enfin, la thématique russe est tout à fait cohérente avec le travail de notre galerie qui fonctionne sur un mode de représentation d’artistes et d’expositions par aire géographique. Les organisateurs ont la volonté de faire un petit bijou de cette foire. Ils y arriveront, c’est certain. C’est un processus qui est en cours, le niveau a d’ailleurs considérablement augmenté. Il faut simplement leur donner le temps de totalement atteindre leurs objectifs.

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