Trois questions… au collectif FrenchFries

Paris, le 4 avril 2013, pour Art Media Agency (AMA).

Du 18 avril au 11 mai, la Cité Internationale des Arts de Paris accueille le projet « Shipping Paradise » porté par le collectif d’artistes FrenchFries. Conçu à la manière d’une exposition interactive décalée, le dispositif interroge les visiteurs sur les notions d’exotisme, de culture et d’altérité, à l’heure des économies mondialisées et d’une ultra-médiatisation omniprésente. Le collectif est structuré à la manière d’une multinationale de services — avec ses codes, son organigramme, sa stratégie — proposant produits et solutions d’accès au paradis clés en main. Entretien très corporate avec les membres du board Marion Charlet, Eun Young Lee et Adeline Parrot.

Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?
Le collectif FrenchFries est une corporation qui fabrique des objets divers, nous prônons l’entité du groupe et c’est avant tout le point de vue de la corporation qui prédomine et non pas celui des personnes qui la composent. Nous n’avons pas de frontières géographiques, mais nous sommes multifacettes et nous voulons hisser notre propre pavillon universel.

Comment s’est constitué le collectif  FrenchFries ?
Nous sommes six artistes ayant côtoyé la Villa Arson de Nice. Nous travaillons tous sur des pratiques et des médiums très différents, ce qui nous a amené à l’idée de corporation, car nous fonctionnons en complémentarité les uns des autres. Chacun apporte ses talents dans son médium de prédilection, c’est pourquoi nous pouvons mettre les ego et les individualités de côté au service de notre concept d’entité de groupe. Et surtout, étant une corporation multinationale, ses représentants viennent du monde entier et sont installés aux quatre coins de la planète. Nous avons donc un bureau à Bruxelles (Marion Charlet), un bureau à Pékin (Adeline Parrot), un bureau à Chicago (Clarence Guéna), un bureau à Paris (Sandra Lorenzi), un bureau à Pusan en Corée du Sud (Eun Young Lee) et un bureau à Lyon (Menghzi Zheng). On crée ainsi notre propre mythologie sur les clichés du tourisme.

Quelle stratégie vous a poussé à créer « Shipping Paradise » ?
Nous sommes en résidence à la Cité International des Arts afin d’installer une scénographie à l’image de notre entreprise. Comme dans une boutique, il y a l’espace d’accueil, le service des voyages avec des archives de vacances, le service des objets avec une sélection de souvenirs hybrides et un service des sensations pures, sorte de cabine d’essayage de dépaysement où l’on utilise des médiums très complémentaires. Et bien sûr la direction au troisième étage. Nous n’avons pas oublié le sous-sol où est installé Exotic Flush consacré aux rebuts du tourisme de masse. Nous voulons confronter le visiteur à sa propre vision de l’exotisme. On peut vraiment se demander aujourd’hui ce qui est étranger et ce qui ne l’est pas. Nous voulons repenser l’espace d’exposition comme une nouvelle utopie culturelle. Pour construire le projet, nous avons fait appel à du crowdfunding sur Kiss Kiss Bank Bank qui nous a permis de réunir 3.500 euros de plus, soit plus de 10% de notre budget. La galerie SEM-Art de Monaco nous a également aidés pour la production.

Question subsidiaire : et la frite dans tout ça ?
Difficile de trouver plus international qu’une frite ! À elle seule, elle symbolise toute notre démarche !

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