Les start-ups qui font passer la culture à l’ère numérique – LA TRIBUNE

Ventes aux enchères en ligne, transmédia, visites virtuelles interactives, médiation culturelle 2.0… Les start-ups développent des trésors de créativité numérique pour innover dans le secteur des musées et du marché de l’art, comme dans les nouvelles pratiques de consommation culturelle en ligne. Tour d’horizon de dix entreprises qui accompagnent cette révolution numérique de l’art.

Hors série « Quand le musée se réinvente dans le numérique », LA TRIBUNE, été 2014

 

1) B ET B PRODUCTION : DES HOLOGRAMMES POUR MIEUX COMPRENDRE LA STATUAIRE ANTIQUE

Premier musée français à exploiter la technologie holographique pour ses expositions, le musée d’archéologie sousmarine dit de l’Éphèbe, au cap d’Agde, a développé un programme scénographique multimédia inédit. En collaboration avec B et B production, le musée s’est doté en 2011 et 2012 de deux vitrines holographiques qui redonnent vie aux statues de l’Enfant romain – probablement Césarion, le fils de Jules César et de Cléopâtre VII – et de L’Éphèbe, un portrait rare d’Alexandre le Grand. Cette dernière pièce, exceptionnelle à plus d’un titre – il s’agit également de l’unique bronze hellénistique découvert dans les eaux françaises –, a été conservée pendant vingt ans au Louvre avant de rejoindre le cap d’Agde. À travers deux animations de sept minutes chacune, sa vitrine permet de revenir en détail sur l’histoire de la statue, sa technique de fabrication, la compare à d’autres représentations antiques du souverain, ou encore montre l’évolution de l’image d’Alexandre à travers les siècles. «La création en 3D est encore chère, une vitrine holographique coûte environ 10000 euros», explique Michael Bochet, directeur de B et B Production, une société montpelliéraine créée en 2009, et qui se diversifie dans d’autres procédés. «Après deux années explosives, nous connaissons une petite stagnation du chiffre d’affaires. Mais nous développons aussi des projets de mapping, pour projeter en volume sur des cathédrales, par exemple.»

2) SISSO : AU MUSÉE COMME À LA FOIRE, DES VISITES INTERACTIVES À 360°

De plus en plus de musées, mais aussi de galeries et de foires d’art, misent sur l’interactivité offerte par les visites virtuelles en complément de leurs parcours in situ. « Les dispositifs de médiation culturelle numérique offrent des possibilités quasi illimitées, pour les visiteurs comme pour les exposants », explique Benjamin Lanot, cofondateur de l’agence Sisso, qui produit sur mesure des visites interactives à 360° pour  le Louvre d’Abu Dhabi, le château de Versailles, l’Unesco ou encore la Fiac et Art Paris Art Fair. Le principe ? Un photographe effectue une multitude de prises de vue qui sont par la suite assemblées pour reconstituer l’espace de visite et enrichies d’informations cliquables ou de fonctions, allant de l’audioguide à la vidéo. « Pour l’événementiel, dans le cas des foires, par exemple, notre atout est notre réactivité. On peut faire la mise en ligne en 24 heures, dès le lendemain du vernissage, ce qui est un avantage pour les exposants, car ces visites génèrent beaucoup de trafic, parfois plus que les visites physiques », précise Benjamin Lanot. Ainsi, plus de 80 000 visiteurs se sont promenés virtuellement dans les allées de la Fiac sous les verrières du Grand Palais. Un marché qui semble donc en expansion, bien que les coûts de mise en oeuvre restent élevés. « Nous avons de bonnes perspectives de développement, le chiffre d’affaires double chaque année depuis la création de la société. Mais nous allons diversifier nos produits et étendre nos services pour rester compétitifs », annonce-t-il.

3) EXPOSARE : LA RENCONTRE EN LIGNE DES PROJETS D’EXPOS ET DES LIEUX DE DIFFUSION

Partant du constat simple qu’il n’existait pas de place de marché pour faire voyager les expositions, la commissaire  indépendante Anne Clergue a lancé en 2013 Exposare, un nouveau concept en ligne qui permet aux artistes et concepteurs de diffuser internationalement leurs projets clés en main. D’un côté, des photographes, architectes, artistes, designers, curateurs, conservateurs ou encore galeristes qui ont des expositions prêtes à voyager. De l’autre, un réseau international de professionnels de l’art à la recherche d’un futur événement pour leur lieu de diffusion. Une manière simple de répondre à la fois à l’offre et à la demande. La mise en relation se fait directement, la plate-forme Exposare étant mise à jour en temps réel et fonctionnant sur un  principe d’abonnement. Le site propose ainsi un large choix d’expositions consacrées à des artistes émergents aussi bien qu’à des personnalités reconnues et des explorations plus thématiques. Une part notable du catalogue est dédiée à la photographie. Sans doute peut-on y déceler l’influence de la fondatrice, ancienne directrice de la Fondation Van Gogh et fille du célèbre photographe Lucien Clergue.

 

4) AUCTIONATA : LES VENTES EN LIGNE BATTENT AUSSI DES RECORDS

Avec une formule qui reste classique, mais qui a toujours le vent en poupe, Auctionata transpose en ligne et en temps réel tous les services offerts par les maisons de ventes aux enchères traditionnelles. Ouverte en février »2012, la maison de vente berlinoise connaît depuis une croissance explosive – »en avril »2014, elle avait annoncé une levée de 30″millions de dollars de fonds supplémentaires auprès de ses investisseurs, renforçant son capital à 52″millions de dollars. Aux bons résultats de vente enregistrés s’ajoutent des records. L’un des plus marquants est celui de Reclining Woman d’Egon Schiele, vendu 2,4″millions de dollars en juin »2013, battant le précédent record de vente en ligne détenu par une peinture d’Andy Warhol, cédée 1,3″million de dollars en 2011 sur Artnet. À cette occasion, Alexander Zacke, le PDG d’Auctionata expliquait »: « Non seulement notre type de vente aux enchères sur Internet
représente l’avant-garde technologique, mais il remplit également la différence énorme que les principaux acteurs ont jusqu’à présent été incapables de combler : transférer le système d’enchères classiques sur Internet, d’une manière qui permet à chacun de découvrir les objets et le commissaire-priseur ainsi que le comportement d’enchérisseur des autres participants. Le tout en temps réel.»

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