L’assurance des photographies et de leurs expositions

ZOOM – Que ce soit pendant une exposition temporaire ou dans le cadre d’une collection privée, comment assurer une photographie ? Quels sont les risques et que couvre l’assurance en cas de dommages ?

Cadre abîmé, coin de photo enfoncé, tirage percé… Le dommage accidentel lié à la manipulation d’une photographie pendant son déplacement ou son accrochage est, de loin, le risque le plus fréquent. Selon l’assureur Hiscox, il représente près des trois-quarts des sinistres et plus de 40 % des coûts. Loin devant les dégâts des eaux et les incendies, mais surtout du vol, qui, contrairement à une idée reçue, ne représente que 10 % des sinistres des collections d’art. Cependant, les photographies sont un peu plus sensibles au vol que les autres catégories d’œuvres d’art, les tirages en série, bien que numérotés, n’étant pas toujours facilement identifiables dans les répertoires des œuvres volées.

Atelier de maintenance, Rencontres d’Arles. CC BY SA 2.0

D’une manière générale, le coût d’assurance des photographies reste inférieur à celui des autres œuvres plastiques. En cas de casse accidentelle, certains assureurs prennent en charge la recréation ou le retirage ainsi que l’encadrement. Les modalités d’indemnisation s’avèrent plus délicates pour les tirages exceptionnels et uniques, mobilisant par exemple des techniques anciennes ou mixtes difficilement reproductibles et pour lesquelles il est soit impossible de retirer ou alors avec des coûts de retirages très élevés. « Si on ne peut pas retirer la photo, elle sera indemnisée à hauteur de sa valeur. Si elle est restaurable, une dépréciation sera évaluée suite aux travaux de restauration », explique Nicolas Kaddeche, responsable marchés art et clientèle privée chez Hiscox France.

Du côté des expositions, le coût des assurances obéi lui aussi à de très grandes variables. Les principaux facteurs pris en compte par les assureurs sont la nature des œuvres, leur valeur unitaire et le choix des protections. Dans le cas des expositions en extérieur, les autres facteurs à prendre en compte sont les risques d’intempérie et surtout de vandalisme. « Parfois, nous devons l’exclure si on considère que c’est inassurable. Par exemple, si le site d’exposition n’est pas assez surveillé la nuit. »

Alors, dans une exposition, qui assure quoi ? Dans le cadre d’une foire d’art, l’organisateur va avoir besoin d’une assurance responsabilité civile « Organisateur d’événement ». Mais pour la partie dommages, les exposants tels que les galeries, qui en général sont déjà assurés, doivent demander une extension pour les expositions qu’elles font de leurs œuvres. Dans le cas des expositions muséales, c’est l’institution qui est couverte.

Pour les contrats d’assurance spécialisés en art, l’usage est de dresser un inventaire mentionnant la valeur des œuvres. Une forme de « discipline » qui peut également aider les collectionneurs et les galeristes à valoriser leurs fonds photographiques. « Une liste de valeur par œuvre va nous permettre de réagir très rapidement en cas de sinistre, en particulier lors de la destruction totale des œuvres, comme par exemple, après un incendie », ajoute l’assureur. Mais la meilleure méthode pour limiter les risques de dommages reste la mise en place des mesures de sécurité (vol, incendie) et de conservation préventive, les photographies étant particulièrement sensibles aux conditions d’entreposage, d’humidité et d’exposition aux rayonnements.

Carine Claude

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